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Abdul Rahman Katanani (Palestine) expose à la Galerie Magda Danysz (Paris)

La galerie Danysz présente Hard Core, première exposition monographique d’Abdul Rahman Katanani en France – artiste protéiforme dont le travail traduit un fort engagement social et citoyen. Utilisant l’art comme moyen de résistance, il porte un regard sensible sur les problèmes du monde. Abdul Rahman Katanani mène un travail de mémoire, avec l’intime conviction qu’en découle une forme de tolérance et d’acceptation de l’autre. Il accorde aussi bien une place au fond qu’à la forme et à l’esthétique de ses oeuvres. Il dompte toute sorte de matériaux accumulés au fil du temps : fils de fer barbelé, tôles ondulées, pneus, tissu ou encore bidons d’essence. Paradoxalement, ces matériaux qui font partie de son quotidien sont froids. À l’état brut, très rarement peints, il en fait ressortir par des reflets un subtil jeu d’ombre et de lumière. De son processus créatif émerge une dualité entre la réalité des éléments chaotiques retravaillés et la beauté de la composition finale. Il dit ainsi du fil barbelé omniprésent dans son travail (et qui forme notamment les branches de ses célèbres oliviers) : « Il me fait mal quand je travaille avec lui, mais le travailler me procure le plus grand plaisir. ».

Tout jeune, il n’avait que 15 ans, il s’était lancé dans la caricature. Des dessins qu’il accrochait sur les murs du camp mais qui ne plaisaient pas à tout le monde, surtout certains groupes armés qui sévissent dans les camps. Alors, il s’est rapproché d’autres matériaux, de la récupération qu’il trouvait ça et là, pour un travail sur les jeux d’enfants dans les camps. C’est là qu’il les a observés, jouant à la « corde » avec ce qui est le symbole de l’aliénation : le barbelé. « Les enfants s’en fichent, ils font jeu de tout, explique Abdul Rahman Katanani à « l’Humanité ». Donc j’ai commencé avec du fil de fer barbelé. J’en ai découvert la beauté. Si on a peur, on ne peut pas le connaître. Le barbelé c’est un peu le symbole de ce qui est en chacun de nous, qui fait barrage. C’est l’impossibilité de franchir l’espace des différences géographiques, religieuses, communautaires… ». Pour lui, « c’est une façon de rechercher et de trouver sa liberté. Si tu n’es pas libre, tu ne peux pas obtenir la liberté de la Palestine ».

Vivant dans le camp de Sabra, l’artiste est en perpétuelle écoute de ce qui se dit pour alimenter son œuvre. Ainsi de ses « Tornades », poétiquement angoissantes, violentes même, présentées également à la galerie Magda Danysz. « Dans le camp de Sabra, on dit toujours: «  C’est comme si on vivait dans une tornade, après on ne sait pas ce qui va se passer ». Mais c’est aussi tout ce qui se passe dans la région en ce moment », insiste-t-il.

Abdul Rahman Katanani vit au quatrième étage de l’Hôpital Gaza – ça ne s’invente pas – du camp de réfugiés de Sabra. Son atelier, au fil des heures, se transforme en cuisine ou en chambre à coucher. Peu importe. « Quand je descends mes œuvres, les gens discutent », se réjouit-il.

Au rez-de-chaussée de la galerie, l’installation centrale de l’exposition est une réalisation à l’échelle 1 d’une rue de camp de réfugiés. La pièce rendue interactive est réalisée entièrement avec du matériel de recyclage, dans laquelle le spectateur peut pénétrer et errer. Il se voit alors reflété des dizaines de fois par les miroirs qui bordent le passage, donnant l’impression d’être démultiplié et à l’étroit dans la structure. Une vidéo de surveillance le filme et retranscrit au sous-sol de la galerie, en noir et blanc et au ralenti, sa « co-errance » dans l’oeuvre. En noir et blanc : il n’y a pas de couleurs dans le camp. Au ralenti : l’image, fantomatique et étirée, évolue jusqu’à se perdre dans une forêt, quelque part au fond de l’espace. Suite à ce parcours, c’est au troisième niveau de la galerie que le visiteur peut ensuite découvrir les oeuvres poétiques faites de barbelées de l’artiste.

“Hard Core”
Abdul Rahman Katanani
Lieu : Galerie Magda Danysz Paris
Du 02 décembre 2017 au 13 janvier 2018

   

 

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Galerie Magda Danysz. 78 rue Amelot. Paris.  
Du mardi au samedi : de 11H à 19H. 
Site : www.magdagallery.com
Dossier de pressehttp://magdagallery.com/cspdocs/exhibition/reports/dossier_de_presse.php?id=80