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LES ACTES MANQUÉS DE LA FOİRE “PRİNTEMPS DES ARTS” par Saâdi-Leray Farid

Du 05 au 12 mai 2018, le Palais de la Culture Moufdi-Zakaria accueillait dans le cadre de la manifestation Le Printemps des arts près de 180 intervenants (diplômés ou autodidactes) venus déballer des centaines d’œuvres (environ 500 toiles, sculptures ou installations), étaler un éventail de techniques, supports ou genres (modernes et contemporains) censés interpeller un nombre conséquent d’acheteurs qui au bout du compte ne se bousculeront pas au portillon.

Seuls en effet 10 % des médiums arborés trouveront preneurs, ce que signalera à la fin de l’événement la cinquantaine de pastilles rouges collées par des solliciteurs ou les cinq galeristes présents (“Seen Art”, “Dar El Kenz”, “Sirius”, “Thevest” et “El Yasmine”). Répertoriés au Registre du commerce (décret exécutif n° 2006-155 du 11 mai 2006) en tant qu’artisans, ces marchands de la banlieue d’Alger (hormis “Sirius” installé au Telemly) sont tenus de remplir aux frontières (terrestres ou maritimes) un dossier d’exportation (comportant une domiciliation bancaire et une carte fiscale) pour que transitent à l’étranger leurs biens culturels mobiliers non protégés (les objets ou collections sanctuarisés ne sortent que dans le cadre d’événements protocolaires ou de dommages nécessitant une restauration). Fonctionnant par ailleurs sans règles établies, protocoles ou conventions, ils naviguent à vue au sein d’un environnement juridique inapproprié à la libre circulation des œuvres, tiennent la barre des transactions en réduisant le pourcentage de plasticiens sans contrats et insatisfaits des marges bénéficiaires engrangées, selon eux, sur leur dos.

Aussi, s’emploient-ils à attirer le chaland, appliquent des prix aléatoires, des évaluations en dents de scie (elles variaient en mai 2018 de 40.000 à 650.000 DA) néfastes à la transparence puis confiance à instaurer entre créateurs et clients en manque de socle discursif (celui d’historiens, experts ou analystes), d’argumentaires indispensables à la fiabilité des cotations. Ce passage en objectivité demeurait une obligation aux yeux de Malek Salah et Rachid Djemaï, persuadés que seuls des critiques d’art internationaux possèdent la faculté d’arbitrer les jugements de goût, de démêler les nœuds gordiens d’un milieu territorialement déconnecté des divers processus anticonformistes enclenchés depuis les Nabis de l’École de Pont-Aven. Lorsque des courants européens ébranlaient au début du XXème siècle les socles de la perception réaliste du visible, épris des canons technico-formels de l’antiquité gréco-romaine, des locataires de la Villa Abdeltif puis des membres de l’ “École d’Alger” enjolivaient tour à tour l’héliotropisme orientaliste et l’ “Esthétique du soleil”.

Ces adeptes du “Beau” académique légueront cependant à quelques élus musulmans le réquisit “l’art pour l’art”, institueront par là-même la posture prophétique du “prodige” que les rédacteurs du Programme de la Soummam s’ingénieront à enterrer en préconisant dès août 1956 une « (…) rupture avec les positions idéalistes individualistes (…) ». Attachés à faire corps, réflexe sans doute indispensable à la réussite du combat révolutionnaire, les factotums de la culture politique prononçaient de la sorte indirectement le renoncement avec le “Moi Je” romantique et son corollaire l’univers endocentrique, édictaient inéluctablement la désacralisation de l’artiste démiurge ou hors du commun accomplie au profit d’une éthique collectiviste et donc aux dépens de celle de singularité jusque-là transposée puis acclimatée.

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Auteur :  Saâdi-Leray Farid