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kasma du parti du FLN à Taoura, ancienne Thagora

Algérie : la Kasma du FLN nouvel espace d’expression culturelle ?

Les Kasmas du FLN sont des lieux bénis par le vide et l’oublie et la guerre des sièges. Livrées à la précarité et l’insalubrité, le fil d’actualité est souvent un rappel déplorable de la guerre des clans par ci, saccage par là, incendie ici et là. Le parti toujours au pouvoir depuis l’indépendance a eu pour seule vacance la période ou son FIS a ouvert la voie du paradis islamique. Ce chassé-croisé avec l’islamisme, très pressant aujourd’hui et soutenue par la pensante populaire a pris son essor depuis l’ancrage au panarabisme, l’instauration de l’école fondamentale et la mise en œuvre du code loi de la famille subterfuge de la charia sous le règne toujours du parti unique du FLN et à ce jour. La légitimité historique n’a pas seulement fleurté avec la légitimité religieuse, mais elle en tire sa force et sa pérennité.  

À l’image de la Kasma au fronton, bien d’autres Kasmas souffrent de délabrement et de décrépitude, sans gouvernails, sans timoniers, sans amarres et peut être sans capitaines, surtout que la décision de la dissolution de toutes les instances du FLN est récente, novembre 2018; et l’image date du mois de Mai 2018. Ainsi et jusqu’au prochain congrès extraordinaire du FLN junior-post-indépendance. Le FLN passe au directoire pour une nouvelle centralisation, si cher au cacique.

Ainsi, la situation alarmante et en désuétude des 1541 kasmas devenues au fil des décennies un lieu de privilège et de partage d’un pouvoir gangrené par le nationalisme à deux sous occupent le terroir pour autant de communes, soit 1541 kasmas et 54 mouhafadhas comme structure de base du parti au pourvoir. L’état des lieux devrait attirer l’attention sur ce délabrement du patrimoine immobilier du FLN et son abondant aux jachères. Non ?

N’est-il pas temps de restituer ce patrimoine immobilier et l’affecter à l’intérêt général ? Certaines régions sans équipements culturels et pédagogiques n’espèrent pas moins offrir à la population locale dépourvue de lieux de proximité socio-culturel.

Oui, mais que faire du FLN ?

Parallèlement, à ce consumérisme de la légitimité historique, collabore aussi l’autre entité à plusieurs têtes, la légitimité religieuse qui comptabilise plus de 17 000 centre culturel religieux ou lieux de prière (source ministère des affaire religieuse 2013). Un ancrage sans faille dans chaque ville, villages et hameaux. Des lieux qui sont aussi fermés et inoccupés toutes les matinées après le chant du coq et durant toutes la journées à part les horaires de prières au nombre de quatre (4). Une vacance qui en dit long sur l’utilité de ces lieux aux services de proximité citoyenne autrement qu’à prier. Pourquoi ?

À cette occupation, s’oppose une timide cessation des biens publics à la seule et véritable légitimité de demain : celle de la citoyenne culture. Ainsi, sans égard aux valeurs nécessaires à l’ancrage universel de l’individu, lambda, le culturel n’a droit qu’à : 36 maisons de culture, 01 bibliothèque nationale, 31 Bibliothèques Principales de Lecture Publique (BPLP), 229 Bibliothèques de Lecture Publique (BLP), 23 musées pour tout le territoire et 07 rien qu’à Alger, 06 centres de recherche, et un (01) théâtre national pour sept (07) théâtres régionaux. Un faible héritage cédé à la citoyenne culturel, incomparable à celui confisqué par le parti unique et le rêve religieux.

Les Kasmas sont en majorité bien situées sur le plan d’occupation au sol communal mais inaccessible aux jeunes. Le parti historique devrait toute en prenant place au musée et restituer ce précieux patrimoine à son véritable propriétaire : le citoyen. Changeant nos appréhensions en les affectant à la culture citoyenne, à l’activité artistique, aux rencontres, aux bénévolats, à la lecture…etc. Il est temps. 

La mémoire citoyenne s’en nourrirait et le FLN, le parti qui pense que sans lui l’Algérie d’aujourd’hui ne serait pas, serait ainsi vainqueur mais en prenant place au musée avec son passé, ses intrigues, ses vérités et ses mensonges pour le bien du devenir commun de l’histoire de cette nation. Une mise en place au musée qui n’est plus une espérance, mais une urgence. 

Feu Boudiaf disait vrai.

Tarik OUAMER-ALI