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Fouad Maazouz, Talisma, Photographie, 60 x 90cm, 2018

“Art et Football” à la galerie Atelier 21, Casablanca (Mar)

Réunissant près de 40 œuvres de vingt artistes marocains, l’exposition présente les manières avec lesquelles les artistes se sont saisis du thème du football et des passions qu’il déchaîne que ce soit d’un point fusionnel ou en prenant leur distance, voire en parodiant ou en ironisant pour donner à voir des œuvres plastiques qui ont pour objet ce jeu qui est au cœur de l’actualité cet été. Le football est un vecteur de passions, de plaisirs, d’angoisses et de communion entre les humains, tous genres, âges et classes sociales confondus. Difficile de trouver une autre pratique qui montre un tel attachement de notre espèce au jeu. Johan Huizinga a écrit un livre sur l’impérieuse nécessité des hommes à s’adonner ou assister au jeu (Homo Ludens, Essai sur la fonction sociale du jeu). A tel point qu’il considère que l’appellation Homo sapiens convient moins bien à notre espèce que celle de Homo Ludens. C’est assurément le football qui cristallise le mieux l’attachement de notre espèce aux activités ludiques.

Artistes exposés : Youness Atbane, Saâd Ben Cheffaj, M’Barek Bouhchichi, Mustapha Boujemaoui, Hassan Darsi, Mohamed El Baz, Bouchta El Hayani, Nabil El Makhloufi, Safaa Erruas, Mohamed Fariji, Simohammed Fettaka, Hassan Hajjaj, Chourouk Hriech, Majida Khattari, Fouad Maazouz, Najia Mehadji, Houssein Miloudi, Lamia Naji, Abdelkébir Rabi’ et Zakaria Ramhani.

Période : du 26 juin au 06 août 2018

 

Mohamed El Baz, L’équipe, Photographie sur aluminium et plexiglas

 

Dans une scène de Trainspotting, le film culte de Danny Boyle, un personnage utilise cette expression pour décrire un état de jouissance extrême : « Je n’ai pas pris un tel pied depuis le but d’Archie Gemmill en 1978 contre la Hollande. » Les amateurs de foot, qui se comptent en centaines de millions, comprennent très bien ce que veut dire le personnage de Trainspotting.

Le football est un vecteur de passions, de plaisirs, d’angoisses et de communion entre les humains, tous genres, âges et classes sociales confondus. Difficile de trouver une autre pratique qui montre un tel attachement de notre espèce au jeu. Johan Huizinga a écrit un livre sur l’impérieuse nécessité des hommes à s’adonner ou assister au jeu : Homo Ludens, essai sur la fonction sociale du jeu. A tel point qu’il considère que l’appellation Homo sapiens convient moins bien à notre espèce que celle de Homo Ludens. C’est assurément le football qui cristallise le mieux l’attachement de notre espèce aux activités ludiques.

Cette exposition collective a pour objectif de confronter les artistes plasticiens au football. Que des artistes s’emparent de ce jeu qui déchaîne si bien les passions que certains n’hésitent pas à le comparer à une religion, cela n’est pas nouveau. En effet, de nombreux artistes, comme Toulouse-Lautrec, Picasso, Magritte ou Hockney se sont intéressés au football. Ce thème a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs expositions internationales, mais il demeure inédit au Maroc.

Deux échéances cet été plaident en faveur de l’organisation au Maroc d’une exposition collective d’artistes plasticiens sur le thème du football.

1-Le Maroc a déposé sa candidature pour organiser la coupe du monde en 2026. C’est la cinquième fois que le Royaume se porte candidat en vue d’abriter cet événement planétaire. Cette fois-ci, la candidature marocaine est confrontée à celle conjointe des EtatsUnis, du Canada et du Mexique. Le Maroc, qui fait partie des Etats africains désignés par Donald Trump de «pays de merde», entrainera, peut-être, dans son sillage plusieurs pays, révoltés par l’arrogance et le mépris du président américain, dans un face-à-face qui semble perdu d’avance. Que peut faire le Maroc contre la surpuissance politique, économique et financière du trio USA/Canada/Mexique ? David contre Goliath ? Le verdict sera connu le 13 juin, quelques jours avant le vernissage de cette exposition.

2-Le Maroc participe à la coupe du monde de football qui aura lieu du 14 juin au 15 juillet 2018 en Russie. Depuis 1998, le Maroc ne s’était pas qualifié au Mondial. Vingt longues années d’attente qui font de cette qualification un événement qui met tout un pays à l’heure du football. Les joueurs de l’équipe nationale, que l’on surnomme les Lions de l’Atlas, occupent un grand espace autant dans l’actualité que dans la rue, comme en attestent les panneaux d’affichage, les spots publicitaires, l’actualité à la télé, sur le web, dans les radios, les journaux… Le logo, le maillot de l’équipe nationale, les slogans, le recours à des accessoires emblématiques de la Russie (comme la fameuse chapka) font l’objet de plusieurs utilisations et détournements. Cette footballomania est aussi l’objet de cette exposition. Les artistes sont invités à se saisir du football et des passions qu’il déchaine selon le mode qui leur convient, que ce soit d’un point fusionnel ou en prenant leurs distances, voire en parodiant ou en ironisant. Le plus important est de donner à voir des œuvres plastiques qui ont pour objet ce jeu.

Par ailleurs, le jeu présente de nombreuses parentés avec l’art. Mieux que cela  : pour certains artistes, l’art est un jeu. A ce sujet, le peintre Francis Bacon affirme dans ses entretiens avec David Sylvester : « Voyez-vous, tout l’art est maintenant devenu tout à fait un jeu avec lequel l’homme se distrait, et l’on aura beau dire qu’il en a toujours été ainsi, ce qu’il est maintenant c’est absolument un jeu ».

L’art n’est qu’un jeu. Cette assertion prend une tournure vertigineuse dans le cadre d’une exposition portant sur le football. Car cette thématique peut renvoyer les artistes vers leur propre pratique. Elle peut leur retourner leur image quand ils se pencheront sur la passion du football. Dans le football, il y a un gagnant et un perdant. L’art ne ressemble-t-il pas à une partie difficile que l’artiste engage avec son œuvre ? Pour reprendre le jargon footballistique, un artiste qui ne mouille pas son maillot, qui ne s’engage pas entier dans son œuvre, livrera rarement une partie ou une œuvre qui passionnera les spectateurs. Qui perd gagne ? Marcel Duchamp disait bien : « en art, il n’y a pas de gagnant ». Au football, il y en a toujours un.

L’Atelier 21

 

Nabil El Makhloufi, footouche, 2018

 

 

Art et football : du 26 juin au 06 août 2018
Lieu : Atelier 21
Adresse : 21, rue Abou Mahassine Arrouyani (ex rue Boissy – d’anglas) Casablanca 20100 Maroc
Tél. : +212 (0) 522 98 17 85 Fax : +212 (0) 522 98 17 86
Email : latelier21@gmail.com
Site : www.atelier21.ma
Catalogue de l’exposition
www.atelier21.ma