Accueil > citation > “Biskra : Sortilèges d’une Oasis”

“Biskra : Sortilèges d’une Oasis”

“Encore faut-il pour la réfléchir que cette réalité ne se dérobe point. Et plus particulièrement, les hommes et les femmes. Eugène Fromentin, le premier, s’en plaint : « Il y a une jeune fille que je poursuis, mais qui se refuse à toute proposition de demeurer tranquille à quatre pas de moi, avec la seule obligation de me regarder. Tu connais le mépris des Arabes pour la profession. » (source : un été dans le sahara). Et Gustave Guillaumet de renchérir : « ma présence inquiète visiblement mes hôtes dès que je veux faire usage de mon crayon. » (source : Tableaux algériens). Son outillage de peintre dénonce ses projets ; il éveille des défiances, provoque des terreurs. Ceci explique que peu d’oeuvre sont peintes sur place, ce sont davantage des croquis et des notes proses dans des carnets, à l’instar de ce qu’avait fait Eugène Delacroix, lors de son voyage au Maroc en 1832. D’ailleurs nombreux sont les peintres à se référer à l’expérience de leur aîné, par exemple Henri Matisse quand il assiste à une circoncision ou encore Maurice Denis qui, sur la place du marché à Biskra, note : « Pittoresque intense, triomphe du ton local. Je pense aux carnets de Delacroix. » (Journal). Le matériel ainsi récolté servira à élaborer d’ambitieuses toiles en atelier. Outre la réserve des populations et la difficulté de trouver des modèles, le climat rend difficile la peinture en plein air, même si Théophile Gautier, dans son compte rendu du Salon de 1859 affirme que « le Sahara voix maintenant se déployer autant de parasols de paysagistes qu’autrefois la forêts de Fontainebleau ». Eugène Fromentin rapporte peindre avec des couleurs à l’état de mortier tant elles sont mêlées de sable…”

Par Éric Delpont
Directeur du musée de l’institut du monde Arabe
Catalogue exposition “Biskra : Sortilèges d’une Oasis” à l’institut du Monde Arabe, Paris (France) du 23 septembre 2016 – 22 Janvier 2017
site : https://www.imarabe.org

Laisser un commentaire