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Cherrih Djazia, Héritage pluriel 2017

Le carré enjoué de Djazia Cherrih par Jaoudat Gassouma exposé au Musée des Beaux-Arts d’Alger jusqu’au 11 juillet

Les arts de l’enluminure et de la miniature sont des arts de la lumière, de la minutie, de la perfection, on croirait aisément que ceux qui les font ont un peu de ce divin qui coure dans leurs veines, peut-être que les muses se sont penchées sur les berceaux de ceux qui pratiquent cet art séculaire où les meilleurs d’entre eux adoptent le quatre zéro en poils de chat, juste sur cette extrémité, là où la pointe du poil possède toute sa finesse pour sonder le monde qui l’entoure.

La plasticienne héritière d’une grande mythologie ancestrale vient étoffer nos regards d’une nouvelle approche qui prend à bras le corps une tradition immémoriale inscrite au fin fond de notre inconscient collectif.

Cherrih Djazia évolue différemment et majestueusement comme une funambule sur un fil d’araignée où elle entreprend chaque forme comme un défi en induisant nos sens dans de curieux dédales légendaires en murmurant ses propres mille et une nuits.

La faconde de ses compositions complexes, ses notes florales, ses arabesques voluptueuses, ses tracés rectilignes, ses lignes courbes, ses interruptions volontaires, ses couleurs franches et ses notes diffuses nous ouvrent la voie vers l’enchantement et les viatiques du carré magique d’un univers inédit.

Le carré magique de Djazia s’éprend de la joie de ses couleurs propres comme dans une alchimie insolite, apprivoisé par l’artiste qui fait montre d’un talent inné pour façonner des compositions qui se déclinent avec des détails subtilement posés. La miniature dont elle maîtrise grandement les fondements esthétiques, prend place aussi dans ce carré enjoué qui s’estompe sur les côtés inscrivant ces dessins dans une aura elliptique onirique.

La pâte de l’artiste surgit dans l’audace du papier coloré ou de la composition qui sort du cadre et qui donne un peu cet effet « libérateur » d’un carcan de la tradition qui apparaît soudain comme superfétatoire par l’immense cogitation esthétique que l’artiste a concédé pour son élaboration.

L’œuvre de Cherrih Djazia est un défi, une gageure phénoménale tant l’élaboration suit un cours qui relève des temples de Shaolin pour ce qui est de la construction du dessin et de la mise en œuvre.

Aujourd’hui, l’artiste enjouée et libre se laisse aller à ses pistes novatrices dans un travail de Titan qui sur l’idée du carreau s’en va allègrement produire du sens, démultiplie l’enluminure pour en faire un art géant, porté par des circonvolutions et des arabesques audacieuses et richement composées prenant une tournure ésotérique, une sorte de procédé alchimique qui nous donne au regard un vertige délicieux fait des plus beaux poèmes de couleurs.

« Le carré enjoué de Djazia » est un de ces moments où les mots n’ont plus de sens, juste un espace limpide qui par son enchantement laisse juste l’esthétique se frayer un chemin dans nos sens dans l’harmonie la plus totale, juste par plaisir, jamais par effraction.

Jaoudat Gassouma
Artiste peintre

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EXPOSITION ÉVÉNEMENT JUSQU’AU 11 JUIN 2017

L’artiste Cherrih Djazia شريح جازية, expose “HÉRITAGE PLURIEL” au musée des Beaux arts d’Alger
Période : du 11 Mai au 11 Juin 2017
Adresse : 178, Place Dar Essalem, El Hamma, Belouizdad

معرض الفنانة شريح جازية في المتحف العمومي الوطني للقنون الجميلة – الجزائرالعاصمة – الجزائر
تحت عنوان – فن الصعود إلى المطلق
الافتتاح 11 ماي 2017 على الساعة الخامسة مساء
من 11 ماي الى 11 جوان 2017

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