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Dokman, Tahar Hadoud et Walid Bouchakour à la galerie Md Racim (Alger)

La galerie Mohamed-Racim accueille depuis le 25 novembre, et durant tout un mois, l’exposition «Algérie porte de l’Afrique» de Lamine Amor Idriss Dokman. L’artiste présente plus de soixante tableaux. Des œuvres chantant l’Afrique, ses couleurs flamboyantes, ses lumières pastel dans des camaïeux oniriques, ses courbes sensuelles et traits abrupts. Autant d’invitations à découvrir en franchissant la porte de l’univers esthétique de Dokman et, aussi, de découvrir les sculptures de Tahar Hadoud et Walid Bouchakour.

Le vernissage de l’exposition dédiée à l’Afrique en tant que source d’inspiration, intitulée «Algérie porte de l’Afrique» de l’artiste plasticien Lamine Amor Idriss Dokman, s’est déroulé samedi passé à la galerie Mohamed-Racim d’Alger en présence d’un nombreux public. Cette exposition de plus d’une soixantaine de tableaux, fruit du travail de ces deux dernières années, démontre que le talent de l’artiste, natif de Bou Saâda, est encore vivifié et régénéré au gré des inspirations articulées autour d’une thématique centrale, cette fois, dédiée à l’ancrage africain de l’Algérie. A propos de ce choix, Lamine Amor Driss Dokman confie que le point de départ était le travail sur le masque qu’il avait réalisé en 2005. Les recherches et l’histoire de l’expression sur le masque, notamment en Afrique, ont été un déclic pour renouer avec les recherches sur l’art rupestre et l’histoire de l’art africain. Il explique à ce sujet : «Il est évident que les gravures rupestres du Tassili en Algérie sont aux portes de l’Afrique. Cela m’a amené à faire de la recherche sur le patrimoine africain et la culture africaine. Cet art a été mis en lumière grâce aux plasticiens très connus dans la peinture et, parmi eux, un des pionniers de l’art contemporain, Picasso, qui s’est beaucoup inspiré de ce qu’on a appelé péjorativement à l’époque les arts primitifs et qui, aujourd’hui, retrouvent sa noble nomination d’art africain.» L’artiste plasticien rajoute à propos du choix de sa thématique «qu’en tant qu’Algériens, on prend souvent et automatiquement l’Europe comme référence, en oubliant que l’on est avant tout Africain. Notre culture est profondément imprégnée de la culture africaine qui est accrochée à nos voisins de Mauritanie, du Mali et du Niger». En précisant : «Je me suis rendu aussi compte que le gouvernement algérien a beaucoup donné à l’Afrique, et l’histoire de l’Afrique est une source de créativité pour les plasticiens. C’est tout cela mon point de départ, le mélange entre gravures rupestres algériennes et le continent africain. Une mixture et une créativité extraordinaires inspirées de la culture africaine, de la sculpture, des tenues, de la cuisine de tout ce qui célèbre la vie et la créativité pour ouvrir une porte sur la beauté de l’Afrique.» A propos des deux artistes plasticiens sculpteurs conviés, Dokman explique que la sculpture est une part importante des arts plastiques africains. Il a invité ses amis artistes à travailler le thème de l’Afrique et ils ont adhéré avec enthousiasme. Walid Bouchakour expose ainsi dans cet esprit des sculptures résines couleur bronze intitulées «Douceur» et «Masque d’Afrique». Le sculpteur confie lors du vernissage : «J’aimerais que l’on parle de l’Afrique en tant que faisant partie de notre culture d’Algérie. L’art africain est une grande richesse culturelle qui connaît un grand succès en Occident. Nous sommes la porte de cette Afrique et c’est notre rôle en tant qu’artiste de s’inspirer et de faire découvrir la beauté de cette culture aux Algériens.»

Exaltation des couleurs sublimant un continent

Ainsi, durant tout un mois, les visiteurs sont conviés à marquer une halte à l’avenue Pasteur, à Alger, afin de franchir les portes de la galerie Mohamed-Racim pour découvrir des œuvres inédites avec des techniques mixtes sur différents formats à la texture tout en relief. Parmi ces œuvres, «Vent de sable le jour», «Vent de sable la nuit», «Le rêve calligraphique» et «Lumière de Bou Saâda». Il y a aussi l’œuvre intitulée «Dialogue d’un couple», deux tableaux se superposant dans l’écho des couleurs criardes et de lignes angulaires, soit dans un dialogue harmonieux ou de sourds, selon le vécu et la perception de chacun. Le visiteur peut aussi découvrir les tableaux «Haouli 1» et «Haouli 2», un hommage à cet art du tissage ancestral. Une source d’inspiration qui se perpétue dans la modernité marquée par un travail sur relief et la lumière avec des éclats de verre aux couleurs chaudes incrustées au sein de la toile. Quant à l’œuvre «Déchirure», elle captive le regard et l’invite à une profonde méditation sur la réalité de l’être dans une Afrique en mutation, une œuvre en résonnance avec le tableau «On vous parle, écoutez-nous». 

D’autres tableaux illustrent dans un style particulier à l’artiste des portraits oniriques de personnages intemporels, à l’instar de ceux intitulés «Le Berger» et «Le Sage». La danse est aussi présente dans plusieurs œuvres aux dimensions impressionnantes où la liberté du format, met en relief la liberté du mouvement. Tant celui du mouvement du pinceau de l’artiste que des corps pétris de sensualité, baignant dans un tourbillon de couleurs captivantes, «l’ivresse de la danse» et «la danse du soleil et de la grotte». De même, le masque est présent telle une piqure de rappel avec trois œuvres datées de 2005, en l’occurrence «Masque d’ Afrique», «Masque de vie», «Masque de fertilité». Des œuvres en résonance avec cette Afrique. Une patrie dont les masques sont une seconde nature mais où la vie authentique demeure envers et contre tout jaillissante de mille éclats dans des œuvres d’une créativité féconde. Au final, Lamine Amor Idriss Dokman propose des œuvres qui donnent naissance au ravissement, à la réflexion et tout simplement à la contemplation de cette âme africaine. Pour conclure, une citation d’Oscar Wilde, prisée par Dokman et inscrite dans le catalogue de l’une de ces expositions, résume sa philosophie artistique : «Que c’est par l’art et par l’art seul que nous pouvons réaliser notre perfection. Par l’art et par l’art seul que nous pouvons nous défendre des périls sordides de l’existence réelle.

Source : http://reporters.dz