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Ghizlane Sahli expose “Histoires de tripes” à Marrakech (Mar)

Ghizlane Sahli nous convie à un périple intérieur et organique, porté par une dimension universelle, qui nous intime à transcender tout ce qui nous empêche, nous humains, de voir la grandeur d’un Tout, et de son mécanisme sophistiqué et complexe.” Elle explore la transformation de la matière, l’exulte et lui donne du sens. Elle étudie dans sa démarche artistique le passage d’un état à un autre, l’infime intervalle entre l’avant et l’après, le pont qui relie la matière à l’esprit, l’ordre au chaos, l’accumulation à la dispersion.

Passionnée par les broderies, les tissus et les méthodes artisanales de production de ces derniers, elle développe les « alvéoles » : borderies tridimensionnelles faites à partir de fonds de bouteilles en plastique, recouverts de fils de soie. Elle imagine des mondes poétiques et oniriques où elle peut expérimenter et créer des liens entre ses trois passions : l’espace et les volumes, issus de sa formation d’architecte, le fil de soie, issu de son immersion dans le monde de la broderie et, l’environnement, issu de ses questionnements sur le développement durable et l’avenir de la planète.

LieuDavid Bloch Gallery
Adresse : 8 bis, rue des Vieux Marrakechis, Marrakech 40000, Maroc
Période :  du 9 février au 15 mars 

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Ghizlane Sahli est née à Meknès en 1973 et a grandi à Agadir.

Formée à l’architecture à Paris, elle s’installe à Marrakech en 2005, où elle vit et travaille aujourd’hui.

Dans “Histoires de Tripes”, Ghizlane Sahli nous convie à un périple intérieur et organique, porté par une dimension universelle, qui nous intime à transcender tout ce qui nous empêche, nous humains, de voir la grandeur d’un Tout, et de son mécanisme sophistiqué et complexe. Une universalité que l’artiste cultive à plusieurs échelles : d’abord par le choix de ses matières -ces bouteilles en plastique, le grillage qui les supporte ou la soie qui les recouvre, pourraient venir de toute part du globe. Mais aussi par celui du message : Ghizlane Sahli ne revendique et ne condamne rien, pour elle, l’appartenance est une prison fragmentée, et l’identité, une notion bien trop complexe pour la cantonner ou la figer sans risquer l’aliénation. A cela, elle substitue consciemment l’exploration de ce que l’Homme a de plus fondamental et commun, son origine sauvage, débarrassée de tous les stigmates qui l’affublent d’une distinction ou d’une appartenance, qu’elle soit culturelle, sociale, religieuse, géographique, raciale, sexuelle ou de genre.

C’est dans ce terrain de jeu dépouillé et frétillant, que seule une pulsation vitale continue de rythmer, que l’artiste s’attelle à donner corps à son sujet. Tout commence par la collecte de milliers de bouteilles d’eau en plastique, elle les nettoie et les découpe pour en faire des alvéoles, qu’elle recouvrira de fils de sabra (soie végétale), puis suspendra à une forme en métal grillagée préalablement façonnée. Un processus durant lequel le “défini” rencontre l’”indéfini”, l’artiste aime imaginer que ces alvéoles représentent des cellules, qui, en s’accrochant à cette membrane en métal, forment une matière vivante et organique. Un mécanisme qui parfois lui échappe, avec un désir d’abandon attendu et avoué. Tout comme elle s’abandonne aux histoires de ces bouteilles collectées, qui chacune, de par sa provenance, les mains qui l’ont palpée, les lèvres qui l’ont frôlée, raconte sa propre histoire et apporte sa résonance singulière.

Autant d’éléments sensitifs que Ghizlane Sahli accueille dans son travail. Elle dit : “Ce sont toutes ces énergies, bonnes ou mauvaises –selon ce que chacun a vécu ce jour-là-, qui quelque part dictent la forme de l’oeuvre finale. Je ne contrôle pas. J’aime l’idée de ce quelque chose qui se fait et qui a lieu, tel un échange, sans que je ne sois là à tout contrôler ou diriger, parce qu’il y a des choses qui se font, et d’autres pas, c’est un peu comme la vie.”

Mouna Anajjar
source : zwinup.com