Accueil > actualités > Giovanna Marini, la conteuse aux pieds nus !

Giovanna Marini, la conteuse aux pieds nus !

Giovanna Marini avec son quatuor vocal, revisite le mythe de la tour de Babel, pour en faire la trame de sa vision tragicomique du monde d’aujourd’hui. Lors d’un récital à Rome un soir de 1958 ou elle interprétait à la guitare des morceaux de son répertoire se trouvait parmi l’auditoire le poète scénariste et écrivain Pier Paolo Pasolini qui lui dira “Les chansons ne se trouvent pas dans les livres”. Munie d’un magnétophone, elle part sillonner la péninsule avec ses deux enfants pour recueillir sur le terrain les chants qui se transmettent de génération en génération. Elle en retranscrira plus de mille cinq cents qu’elle enseignera par la suite aux universités de Rome e de Paris-VII-Saint-Denis. Giovanna consacra à Pasolini un bel hommage durant sa carrière marquée par la mort tragique de l’écrivain.

 

Marquée par la mort tragique de Pasolini, Giovanna rend hommage à l’écrivain

L’une des hypothèses touchant la mort de Pasolini lie la mise en cause par le réalisateur de la Démocratie chrétienne, des groupes pétroliers, de la CIA et de la Mafia dans la mort d’Enrico Mattei (responsable de l’ENI — Ente Nazionale Idrocarburi — groupe nationalisé du pétrole italien) le 27 octobre 1962 et dont la mort aurait pu être commanditée par son successeur Eugenio Cefis, dans le contexte de la stratégie de la tension, qui aurait pu favoriser entre les affrontements entre extrême gauche et extrême droite l’avènement d’une dictature (ce que Pasolini aurait raconté dans le chapitre « Lumières sur l’ENI » du roman Pétrole, qui n’a soit jamais été écrit, soit jamais retrouvé). Un autre journaliste voulant révéler aussi cette affaire a été tué.

Le 14 novembre 1974 déjà, dans Le roman des massacres, une tribune du Corriere della Sera, Pasolini affirmait connaître les noms des « personnes importantes qui avec l’aide de la CIA, des colonels grecs et de la Mafia » auraient planifié et mis en œuvre la « stratégie de la tension » et les vagues de terrorisme ayant secoué l’Italie, attribuées successivement à l’extrême gauche et à l’extrême droite (et notamment les attentats de la gare de Bologne et de Brescia en 1974) : « Je sais tous ces noms et je sais tous les faits (attentats contre les institutions et massacres), dont ils se sont rendus coupables. »

À sa mort, son roman Petrolio (Pétrole) est inachevé. Petrolio est construit autour des liens entre les services secrets, le pouvoir politique et l’ENI, dirigé alors par Eugenio Cefis. Cefis, également président de la Montedison, qui apparaît dans le roman sous le nom d’Aldo Troia, la « truie », est un personnage-clé et quelque peu obscur de l’histoire politique italienne, que les enquêtes ont souvent présenté comme le principal fondateur de la loge maçonnique P2, et que Pasolini accusait d’avoir commandité l’assassinat d’Enrico Mattei, son prédécesseur à la tête de la compagnie pétrolière, et d’un certain nombre d’autres meurtres politiques. Le livre paraîtra à titre posthume, un chapitre manquant, « mystérieusement » disparu après la mort de l’auteur. (source Wiki).