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Interviw ABDI ABDELKADER : “Croissant de lune pour grains de semoule.”

Né à Alger, vivant à Paris, Abdelkader Abdi est la figure majeure du design algérien. Et surtout, un “sudiste” convaincu.

Votre trajectoire ressemble à un grand écart au-dessus de la méditerranée. Alors, plutôt rive sud ou rive nord ?

Les deux rives sans hésiter. Et avec un trait d’union. essentiel pour moi, qui relie les deux, l’Italie. Même si le Catalan Antoni Gaudi figure à mon panthéon, de Gio Ponti à Andrea Branzi, ce sont les architectes et les designers italiens qui demeures mes modèles. Avec une mention particulière pour Alessandro Mendini, un ami et maître à penser depuis longtemps et pour longtemps encore. Ce que j’admire chez ex c’es l’alliance de la rigueur et de la couleur, de l’ élégance et de l’expressivité, de la pensée et de l’humour, de l’écriture singulière et du discours universel. Tout ce à quoi j’essaie de me confronter, de me conformer.

Vous sembler vouloir tout embrasser : le métal et le verre, le bois et le tissu, les résignes et la terre, ainsi que les synthétiques et les composites.. Parmi toutes ces matières, laquelle a votre préférence ?

Aucune ! Enfin, toutes… La matière importe peu. C’est ce que l’on en fait qui compte. Et puis, j’ai un vieux fond sudiste qui est profondément ancré en moi. Celui du travail de la main, du savoir-faire, de l’artisanat peut-être. J’aime modeler, donner corps, donner vie à la matière, sans exclusive de la forme.

Algérie, France, Espagne, Italie, influences diverses, écritures plurielles, matières multiples… vous pratiquiez le métissage intensément. Votre couscoussier représente-il le point d’orgue de la croisée de ces cultures ?

Absolument. Je l’ai dessinée en France pour Alessi, la grande firme italienne et il est le réceptacle évident de ma culture algérienne. La forme et la matière sont universelles, même si l’usage est maghrébin. Quant au croissant qui le domine, allez savoir s’il est spécifiquement algérien… Il pourrait tout aussi bien évoquer les serments nocturnes échangés par Roméo et Juliette qu’un Jean de la Lune bien français.

G.B.
Source : magazine déco maison cote sud.
Juin-Juillet 2005, numéro 94.