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Le monde de Valentina Ghanem (Algérie)

La plus algérienne de toutes les ukrainiennes, sans hausser le ton, lance un timide appel à qui peut l’entendre « une galerie d’art a besoin de création et d’artistes pour la faire vivre, mais elle a également besoin de soutien »

Le monde de Valentina Ghanem 

Au 139 Boulevard Krim Belkacem à Télémly, dans le centre d’Alger, un espace pour la culture et l’art pointe son nez au milieu de toutes les contradictions de la vie de tous les jours. Il offre aux artistes de tous bords et au public parfois curieux, parfois réticent, un monde où il est permis, aux portes d’Alger, de créer et de rêver. Une ville qui reste malgré tout une ville qui aime et couve l’art, le bel art. Le créateur de ce monde, c’est Valentina Ghanem Pavlovskaïa, une ukrainienne dont le cœur a basculé pour Alger et l’Algérie.

Valentina, cette femme aux allures qui charment, est arrivée en Algérie en 1981. Elle a marché jusqu’à son « amour », jusqu’à son « destin », qui lui ont frayé un chemin jusqu’à Alger, la ville qui l’a adoptée. « Je suis tombé sous le charme de cette belle ville, depuis mes premiers regards. J’en suis amoureuse depuis 36 ans. Je suis devenue algéroise et algérienne à part entière depuis le début de mon long voyage ».

Valentina Pavlovskaïa, qui ajoutera plus tard le nom de Ghanem à son état civil, est née en Ukraine. Au sein d’une famille d’artistes, elle a eu la chance d’approcher ce monde féérique et d’aimer l’art dans toute sa diversité et sa richesse. Mais la petite rousse aime la peinture et l’effet des couleurs sur les toiles. Très vite elle plonge dans l’océan de cet art pour découvrir et apprendre. Aisément, elle décroche le diplôme de l’Ecole des beaux-arts de Grekov d’Odessa, et part enseigner (1977-1980) le dessin d’art et sa composition à l’Ecole des beaux-arts que dirige son père.

A la fin de cette première expérience dans son pays d’origine, elle atterrit en Algérie comme « par enchantement », comme « dans un rêve » et y découvre émerveillée « la Mahroussa », Alger « la Blanche ». Elle approche les gens de toute l’Algérie et caresse avec curiosité et amour leurs coutumes et traditions. Elle respire les saveurs, s’empreigne de toutes les couleurs qui s’offrent à elle et se lance à partir de 1986 dans des œuvres de création de toute beauté, fruits de 5 ans de découvertes. Les sensations et les ressentis de Valentina s’expriment avec générosité. Depuis cette date, elle ne compte pas moins d’une cinquantaine d’expositions collectives et individuelles en Algérie et à l’étranger.

Beaucoup ne le savent pas, mais c’est elle qui a réalisé les fresques de Bains Romains, de Zéralda et de Raïs Hamidou. Et c’est elle qui a illustré les livres de Malika Greffou « Septième couleur », « Ami pour la vie » et « L’anniversaire ». En 1999, Valentina sera lauréate du Grand Prix de la peinture du gouvernorat du Grand Alger et du concours international, organisé par le Natural World Muséum de San Francisco (USA). Aujourd’hui, ses tableaux figurent dans de nombreuses collections privées en Algérie et dans le monde.

Un projet lui tenait à cœur « l’ouverture d’une Galerie d’art ». C’est ce qu’elle fait en inaugurant « Sirius galerie d’art » en novembre 2014. L’espace est beau et accueillant, ouvert à l’art, aux artistes et au public. Et comme un clin d’œil de sa part à la ville de ses amours, c’est ses œuvres qui sont exposées à l’ouverture officielle de Sirius. « Reflets d’Alger » de Valentina Ghanem Pavlovskaïa.

Depuis, la galerie ne désemplit pas. Les expositions s’enchaînent à un rythme effréné, « malgré, la difficulté du financement ». Il y a eu : « Exposition collective Trio » Rachid Nacib, Valentina Ghanem et Rachid Djemai. « Symphonie du Désert » de Valentina Ghanem Pavlovskaïa.   « L’exposition d’Automne » de Bourdine Moussa. « Purification » de Karim Sergoua. « Quatiorque » de Abdelkader Belkhorissat,  Karim  Sergoua,  Valentina Ghanem Pavlovskaïa et Rachid Djemai. « Un conscient » de Mizo. « SIROCCO »  de  Valentina Ghanem Pavlovskaïa.   « Haik vibes » d’Alexandra Gillet. « L’été  2016 » exposition collective des 7 artistes  de la galerie, et « Palettes différentes » regroupant 8 artistes.  Avant la fin de l’année 2016, Valentina a programmé « Récital poétique » d’Abderrahmane Djelfaoui, Hommage à Anna Grèki, et la belle exposition de Mammeri Azwaw, le doyen de la peinture algérienne, qui a offert au public « Hors du ton ».

2017 s’annonce aussi riche en expositions, mais Valentina, la plus algérienne de toutes les ukrainiennes, sans hausser le ton, lance un timide appel à qui peut l’entendre « une galerie d’art a besoin de création et d’artistes pour la faire vivre, mais elle a également besoin de soutien ». A bon entendeur…peut être !

Fayçal Charif
le 9 janvier 2017
Source : http://lakoom-info.com/?p=7974

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Photo : Rachid Nacib

 

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