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"Tag’Out", 2011 de Ammar BOURAS

LES MARDIS C’EST PERMIS : Bilan du secteur culturel

Quel bilan peut faire le Ministère de la Culture après des décennies ? Sur le site-web officiel de cette institution gouvernementale, ne sont disponibles que des statistiques de 2001 à 2014 et non au delà. Sur ces chiffres, nous  pouvons trouver les principales actions culturelles : Création d’infrastructures culturelles, les projets du secteur, le patrimoine culturel, la formation artistique, les espaces de lecture, les manifestions culturelles et les festivals.

Concernant la création d’infrastructures culturelles, le Ministère se targue de ses initiatives. Création de 15 offices et centres de protection du patrimoine matériel et immatériel entre 1972 et 2012 tels que l’Office du parc national du Tassili ou le Centre national des manuscrits. 22 musées et 23 musées de site, sachant que ce recensement prend en considération les changements de textes qui régissent des établissements déjà existants avant les dites dates. A titre d’exemple, le musée Zabana y figure (inaugurée en 1930) parce qu’il a été “érigé” en musée national en 1986. Et quand on connait l’état lamentable dans lequel sont ces musées de site, ouverts à toutes les intrusions, tags, destructions, constructions illicites, et diverses altérations humaine et naturelle, nous nous demandons comment le Ministère peut encore se vanter de les gérer.

Concernant la formation artistique, là encore le Ministère énumère ses quatre établissements de formation graduée dont le l’INSM (Institut national supérieur de musique), l’ISMAS (Institut supérieur des métiers des arts dramatiques), l’ESBA (Ecole supérieure des beaux-arts mal orthographiée sur le rapport ministériel en ERBA) tous trois régis par des statuts d’INFS (Institut national de formation supérieure) et l’ENCRBC (Ecole nationale de conservation et de restauration des biens culturels) dont les statuts sont ceux d’une école supérieure, seule dans ce secteur. Puis, les établissements de formation pré-graduée tels que les instituts régionaux de musique ou les écoles régionales des beaux-arts. Mais quand tous les ans, les mêmes problèmes sont remis sur le tapis, de quelle fierté peut se prévaloir ce ministère ? (prochainement, une chronique plus détaillée sur ces problèmes de la formation artistique)

Les festivals, enfin quelque chose de plus gaie vous direz, qui sont présents sur la scène médiatique, parce qu’il fait bon de parler de choses positives, où c’est l’occasion de danser pendant une semaine, sont au nombre de 29 pour les manifestions internationales et 33 sur le plan national, tous instaurés entre 2004 et 2013. Nous citerons à titre d’exemple le festival très populaire du FIBDA (Festival international de la bande dessinée d’Alger), le très controversé Festival de musique “arabe” et devinez où, à “Djemila” site antique, oui aucune logique. Mais pire encore, à l’intérieur même de l’enceinte du site dit “protégé” par cette même tutelle. Plusieurs articles et appels désespérés de spécialistes du domaine du patrimoine ont déjà dénoncé cette organisation mais rien n’y fait. Chaque été, c’est la zerda avec toutes les chanteuses orientales, gracieusement payéées sur ce très maigre budget de la culture (voir https://www.founoune.com/index.php/mardis-cest-permis-lafrique-sinvite-afrique/ ). Ainsi, d’autres festivals ont été créés puis ont disparu pour cause d’austérité économique ou autre : le Festival international de musique jazz plus connu sous le nom de DimaJazz (créé en 2003 puis institutionnalisé en 2006) ; le festival culturel international de l’art pictural contemporain instauré en 2008 et qui n’a vraiment pas été une tradition ; enfin, pour ne citer que quelques uns le Festival culturel international de la promotion des architectures de terre (Archi-terre) qui se greffe, depuis quelques années déjà au Batimatec (Salon international du Bâtiment, des Matériaux de construction et des Travaux publics d’Alger).

L’adage dit “Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires”.

Neila Djedim