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« MARX ET NOUS » Par Kader Bakou

Les arabo-musulmans ont presque toujours été du côté des Occidentaux sous la bannière impérialiste dans leur croisade contre le communisme qu’ils confondent avec l’athéisme. «La religion est l’opium du peuple», la fameuse phrase attribuée à Marx, a servi d’argument afin de mobiliser les croyants (musulmans, chrétiens, juifs…) contre l’URSS et aujourd’hui contre les mouvements marxistes à travers le monde.

La citation «La religion est l’opium du peuple» est considérée comme une preuve de «l’anticléricalisme» du communisme. Elle est pourtant tronquée et sortie de son contexte. La version complète est beaucoup moins anticléricale et présente la religion comme historiquement nécessaire.

Cette citation tirée de la «Critique de La Philosophie du droit de Hegel», coécrit avec Friedrich Engels, dit : «La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.»

Ainsi, Marx ne parle pas de la religion, mais de la «misère religieuse», qui est un palliatif à la misère réelle et la conséquence de la révolte contre cette même misère. Aussi, c’est parce qu’il y a des injustices et des conditions de vie insupportables que des hommes et des femmes croient en un au-delà meilleur, au lieu de tenter d’améliorer le monde réel. Le propos de Marx était en réalité dirigé contre ceux qui, en Allemagne, à l’époque, plaçaient la lutte contre la religion comme une priorité. Karl Marx affirme, au contraire, que la priorité est de se battre contre la misère réelle et non contre sa conséquence.

Karl Marx et Friedrich Engels ont aussi écrit sur l’Algérie trois articles intitulés «Abd El Kader», «Bugeaud» et «Algérie» et publiées en 1858 dans The New American Cyclopaedia.

«De la première occupation de l’Algérie par les Français jusqu’à nos jours, ce pays malheureux a été l’arène de violence, de rapines et de carnages incessants. Chaque ville, grande ou petite, a été conquise en détail et au prix d’un immense sacrifice de vies humaines. Les tribus arabes et kabyles, pour qui l’indépendance est chose précieuse, et la haine de la domination étrangère un principe plus cher que la vie elle-même, ont été écrasées par les terribles razzias qui brûlèrent et détruisirent demeures et propriétés, abattirent les récoltes, massacrèrent les malheureux ou les soumirent à toutes les horreurs de la brutalité et de la concupiscence. Les Français, contre tous les préceptes d’humanité, de civilisation et de chrétienté persistent dans ce système de guerre barbare. Comme circonstances atténuantes, ils allèguent que les Kabyles sont féroces, s’adonnent au meurtre, torturent leurs prisonniers, et qu’avec des sauvages l’indulgence est une erreur. On peut toutefois mettre en doute la politique d’un gouvernement civilisé qui a recours à la loi du talion», ont écrit Marx et Engels dans Algérie.

Kader Bakou
bakoukader@yahoo.fr
Chronique : Le coup de bill’art du Soir d’Algérie
http://www.lesoirdalgerie.com/

 

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 (NB : article publié sur facebook à la même date)

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