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Mizo : la bonne inspiration !

Artiste atypique, Mizo s’est construit un univers photographique bien à lui. Ses bonnes inspirations sont totalement en adéquation avec sa vision de l’art. Professionnel épanoui. Retour sur un interview de Mizo réalisé par Faten Hayed à l’occasion de son exposition intitulée «Métal-Physique» aux Ateliers Bouffée d’Art (Résidence Sahraoui, les Deux Bassins). du 28 Janvier 2017 au 15 février 2017. 

Site internethttp://mizoarts.com/
Pagehttps://www.facebook.com/MizoArts/


– Vous êtes un artiste proche de sa ville, en l’occurrence Alger. Votre parcours est marqué par votre cité, qui devient presque votre muse…

Je suis né et j’ai vécu à Alger, une ville qui me touche particulièrement. Je suis issu d’un quartier populaire, La Redoute, ou j’ai découvert mes premières émotions. Photographe de formation et artiste plasticien autodidacte, j’aspire tout le temps à trouver des choses nouvelles dans ma ville, Alger.

J’aime marcher dans ses rues, j’aime ses habitants et ses couleurs. Je suis très curieux de tout ce qui se dit, la manière dont on le dit. Je suis très attentif, observateur et curieux. Tout au long de mon parcours, j’ai eu la chance de faire plusieurs formations, tout en collaborant avec des médias. En 2007, alors que personne ne croyait à mon projet, j’ai ouvert mon propre studio de photos de mode et de publicité «Mizo Arts» au cœur d’Alger.

C’était un grand challenge ! J’ai dû résister et suivre mon intuition. Il faut savoir qu’à cette époque, j’étais le seul à faire des photos de mode aux normes internationales. C’est-à-dire que le travail dépendait d’une équipe de professionnels pour la réalisation d’une œuvre ou une commande exigeante.

– Qu’est-ce qui vous a le plus motivé en tenant à votre projet, l’ouverture de votre studio «Mizo Arts» ?

Sans aucune prétention, je pense que quand on est sûr de ce que l’on produit, on peut se lancer aisément. Ce qui m’importe le plus, c’est de marquer la personne qui est en face de mon travail. Aujourd’hui, tout le monde peut faire un travail correct ; avec une pratique intense et des formations de bon niveau, on peut y arriver. Mais le plus important est de marquer les gens. Ce n’est pas le premier qui va écrire qui deviendra auteur !

– Quelles collaborations ont marqué votre parcours professionnel ?

Il n’y a pas de moment précis. A mon avis, le plus important dans une carrière est de pouvoir profiter de chaque instant, de prendre du plaisir en exerçant son métier. C’est la création de l’image qui m’intéresse. Tous les travaux, tous les passages, toutes les images de ma carrière sont intéressants pour moi. Que la situation soit bonne ou mauvaise. D’ailleurs, ce sont les mauvais coups qui nous apprennent le plus sur nous-mêmes et sur les autres. Toutefois, le moment le plus crucial a été le jour où j’ai ouvert mon studio.

– Vos photographies ont également valorisé le travail de nombreux stylistes et même de mannequins…

C’est un travail basé sur la complicité, on s’enrichit mutuellement pour un résultat final. La bonne recette d’une bonne photo est de s’entourer d’une bonne équipe composée d’un(e) bon(ne) maquilleur(se), coiffeur(se)…

Mon équipe est très importante. Je gère toutes les étapes d’une séance photo, tout en consultant mon équipe, il y a un échange constructif qui se fait naturellement, dans un cadre professionnel. L’image est comme une balle, elle est jugée par son résultat final. C’est pour cette raison que je dis qu’il ne faut pas se fier à un travail fait, qui peut être interprété de différentes manières.

  

– Quelles sont les grandes difficultés pour un artiste, à part le manque d’espaces d’exposition ?

Je pense être à ma quinzième exposition, entre expositions collectives et en solo. Le constat est le même : toutes les expositions que j’ai faites en solo dépendaient toujours de mes propres fonds. Un artiste doit circuler librement et échanger avec tout ce qui l’entoure. J’ai également exposé au Canada, aux Etats-Unis, en Angleterre, etc.

Quand on est porté sur le détail, on veut le meilleur. Le fait de voyager et de voir ce qui se fait ailleurs me donne envie de mieux valoriser mon travail et de le mettre sur un autre niveau de création. Les moyens ne sont pas toujours disponibles, mais j’estime avoir la chance de pouvoir faire ce que j’aime, tout en voyageant.

– Contrairement à beaucoup d’artistes, vous n’êtes pas  surreprésenté sur les réseaux sociaux ; une démarche personnelle ?

A part le fait d’utiliser certaines applications pour mon travail, j’avoue que je ne suis pas porté sur les réseaux sociaux. Je privilégie le contact direct, les rencontres et l’échange chaleureux. J’aime passer du temps avec mes parents et ma famille, c’est très important pour moi. Les réseaux sociaux sont un bon canal pour promouvoir son travail, mais je ne voue pas pour autant une addiction.

– Vous revenez avec une nouvelle exposition, «Métal-Physique», dont le vernissage est prévu demain. Quel univers avez-vous exploré cette fois-ci ?

Phonétiquement, «Métal-Physique» se rapproche de métaphysique et de la superstition. Mon thème est donc la superstition et son  rapport avec l’Algérien, le Maghrébin, l’Africain… Il est étonnant aujourd’hui de constater que les gens instruits, religieux, riches ou pauvres… se réfèrent toujours à la superstition. Moi-même j’ai ce réflexe de réfléchir à deux fois face à une situation afin d’éviter une autre action, et ce, par superstition. Puis, je me ressaisis ca var je suis croyant. Mon regard ne condamne pas, il relate cette relation ancestrale qui nous rattrape jusqu’à aujourd’hui.

L’exposition est fractionnée en trois parties, elle se tiendra jusqu’au 10 février aux Ateliers Bouffée d’Art (Résidence Sahraoui, les Deux Bassins). La première partie tourne autour de la khamssa, objet emblématique de la superstition au Maghreb. Je l’ai déclinée sur des situations humoristiques et conceptuelles, qui seront représentées dans neuf œuvres différentes. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette exposition qui se décline sur 9 œuvres, même si le stress m’a accompagné. Deux autres parties suivront le concept. D’autre part, la galeriste a organisé une rétrospective de mes œuvres réalisées lors d’anciennes expositions.
 

Faten Hayed
El watan du 27/01/2017
www.elwatan.com

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