Accueil > à la une > Mustapha Akrim : Histoires plus que parfaites à l’appartement 22 (Rabat)
Mustapha Akrim © Simohamed Sajid

Mustapha Akrim : Histoires plus que parfaites à l’appartement 22 (Rabat)

Dix ans après sa première résidence d’artiste à L’appartement 22, Mustapha Akrim revient sur les lieux avec un projet grandiose, ambitieux et sonore. Il explore notre relation au monde et à l’histoire à travers une conscience aiguë du présent -espace et temps- dans lequel l’œuvre se construit, utilisant les matériaux de construction pour la lecture d’un possible passé. L’artiste développe un projet en deux chapitres, utilisant les images historiques comme élément de réflexion sur la mémoire collective, des histoires plus que parfaites. Le public est appelé à “découvrir” les scènes cachées, l’exposition “Histoires plus que parfaites” se construit dans la durée de l’excavation des éléments par chaque visiteur.

Exposition : du 12 décembre 2018 au 11 février 2019

Commissaire : Abdellah Karroum
pour plus information, voir lé site de L’appartement 22  et le guide audio sur la R22 Art Radio

Adresse : L’appartement 22, 279 avenue Mohamed V, MA-10000, Rabat, Maroc
www.appartement22.com

Mustapha Akrim, l’artiste-ouvrier

Le nouveau souffle qui porte la scène artistique marocaine avec l’ouverture des événements culturels et la création de nombreux espaces d’art indépendants. la génération 00 voit le jour, issus pour la plupart de l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan, et qui accompagnera la création de L’Appartement 22, espace pionnier et indépendant d’art contemporain au Maroc. Son fondateur, critique d’art et commissaire d’exposition Abdellah Karroum les qualifiera de « génération 00 ». C’est donc l’essence d’un nouveau mouvement, où les jeunes artistes marocains commencent à explorer des média et matériaux nouveaux. Ils défendent alors une pratique contemporaine, et définissent un nouveau langage visuel des arts plastiques marocains. Mustapha Akrim est membre de ce mouvement d’artistes contemporains créée depuis les années 2000. Une génération Témoins des changements de leur société et qui croient au pouvoir de l’artiste en tant que citoyen et à son rôle d’éveilleur de conscience, réalisant de ce faite un l’art de résistance questionnant le rapport à la citoyenneté, le droit et le travail.

Akrim débute sa réflexion sur le travail, qui deviendra le thème centrale de son oeuvre. D’abord à l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan, dont il sera lauréat en 2008 Institut National des Beaux-arts de Tétouan où il commence à s’interroger sur la difficulté du travail dans le milieu artistique. Il commencera par travailler en tant qu’assistant maçon au chantier, avec son père. « Le chantier est comme un atelier, d’abord pour son côté pratique. On y façonne des objets, on construit quelque chose. ». Au chantier, il se familiarise avec les matériaux de construction, et observe longuement le processus de déroulement des ouvrages. Le chantier suscitera aussi en lui des questionnements par rapport à la situation de l’ouvrier au Maroc, à sa place dans la société et établira un rapprochement avec celle de l’artiste.

Avec les changements de la constitution marocaine en 2011, l’article 13 relatif à l’éducation et au travail est supprimé et intégré à l’article 31. Mustapha Akrim en fait l’axe principal de son travail dès sa première exposition à l’Appartement 22 en 2011. L’article stipule que « Tous les citoyens ont également droit à l’éducation et au travail ». Akrim le réécrit en béton, de manière à le pétrifier, en arabe et en anglais. Le matériau de construction vient lui conférer une autre dimension, qui est aussi un écho à la construction et à la main d’oeuvre.
Cet article pose deux sujets importants : l’éducation et le travail. C’est de ces derniers que découlent tous les problèmes au Maroc.

« Une bonne éducation est nécessaire pour former une génération. Quand on est issu d’un milieu populaire au Maroc, on évolue dans un milieu où on n’a pas de grandes chances pour réussir. C’est soit l’éducation qui nous sauve, où on est tiré vers la délinquance » affirme l’artiste.

Dans son exposition Iqraa à la Kulte Gallery à Rabat en 2014, il dénonce les failles du système éducatif marocain, qu’il compare à « la durée de vie courte des mouches ». Dans son installation, il propose une table, un ordinateur et des livres invitant le spectateur à « chercher ».

Si la scène artistique est présente, selon Akrim il n’y a pas de contact direct avec le public, il affirme « C’est aussi tout le système éducatif qu’il faut revoir, pour construire une génération instruite. Et c’est, en grande partie, la responsabilité de l’Etat ». L’artiste contribue considérablement à faire changer les choses et participe à l’écriture de l’Histoire de son pays. croit fortement Si le pouvoir de l’art et de la culture permettra de changer les choses changer les choses auxquels croient l’artiste-ouvrier, il conclut.  « Les artistes participent, d’une manière ou d’une autre, au changement. L’art est une forme d’engagement et de résistance. Une société n’est rien, sans l’art, la culture, sans les espaces de réflexion ».

synthèse reportage publié en février 2018 sur la plateforme W.A.R

Text
My Art works is a question about the concept ( Work ) and its relationship to Youth and the Job market,as well the social plagues that are assosiated with unemployment and the possible means,that right change each society.
Amonge the objectives i try to touch is to develop artistic expression and the concept of Art in society and its private surrounding.

Biography 
Mustapha Akrim Born in 1981 in Salé Morocco,lives and works at Salé Rabat.Graduated from the National Institute of Fine Arts 2008 in Tetouan,Morocco.

Solo Exhibithion
“Article 13” L’appartment 22 independent venue for contemporary art. Rabat,Morocco.2011 

Group Exhibition
2011. “Surveillé(e)s Curated by Abdellah Karroum.Délégation Artistique de L’appartment 22.La Halle (Pont-en-Royans,France).Grand Séchoir (Vinay;France),and Chàteau du l’Arthausière (Saint-Bonnet-de-Chavagne).
2011. Project and space (Viennafaire 2011) Vienna, Austria
2010. “A Proposal for Articulating Works and Place (Part 2)”Museo Riso and Gam Curated by Abdellah Karroum.Marrakech,Morocco.
2009. “Slave” Institut France.Windhoke,Namibia.
2007. “Rythme taille” Cube Austrian Center.Rabat,Morocco.
2007. Rencontre d’Arles.Arles,France.

Awards and Residencies
2011. Pice LENIKUS (Program Artist-in-Residence) 2011-2012 Vienna,Austria
2010. Fellowship Residency, City international des Arts.Paris,France
2009. Shatana Artist Workshop,Jordan 
2009. Tulipamwe Artist Workshop,Namibia
2008. “Chantier” Residence at L’appartment 22,Rabat.Morocco

contact
Mustapha Akrim
cell:(+212)6 68 01 76 85
tel.:(+212)5 37 87 56 05
e:mustapha_akrim@hotmail.fr
http://mustaphaakrim.blogspot.com/