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Mustapha Ghedjati expose à la galerie Mohamed Racim, Alger

Une soixantaine d’œuvres de l’artiste peintre Mustapha Ghedjati orneront les cimaises de la galerie Racim à Alger jusqu’au 29 mars. Ces ombres et silhouettes fugaces ou apparentes par instants racontent le monde intime où évolue et gravite le talentueux plasticien. En fonction des états d’âme de l’artiste, de ses coups de cœur et de ses moments de solitude, ses tableaux renvoient des images en accord avec les émotions et les impressions de l’artiste. On relève une multitude de personnages d’une visibilité accentuée sur certains formats alors que dans d’autres sont à peine perceptibles et discernables. Sur certaines grandes toiles, on sent beaucoup de tristesse et de désarroi. Mustapha Ghedjati se sent mal par rapport à toute la désolation de ce monde violent et haineux. Il abhorre la violence dans de nombreux pays.

Obscurité

«Je suis agacé par tout ce qui se passe dans le monde, et toutes les souffrances de l’Algérie. Tout cela reste gravé dans ma mémoire», précise-t-il. Dans ce registre, il propose de grandes toiles. Sa palette y est plus obscure et profonde, dénotant ses bleus à l’âme et sa détresse. «J’intègre de la peinture à l’huile et de l’acrylique», dit-il. Pour les formats plus réduits, ses couleurs sont plus gaies, optimistes et lumineuses. Sa gamme de couleurs mêlant l’ocre, le mauve, le bleu, le vert au turquoise donnent un mélange adéquat et plaisant au regard. A ce sujet, l’artiste déclare : «C’est un travail de recherche. Je suis plus optimiste car il y a toujours de l’espoir malgré les problèmes». Ces traits bien aboutis et d’une bonne maîtrise offrent des silhouettes élancées et élégantes. Les compositions aux figures longilignes aux tons idoines tranchent par leurs teintes vives par rapport aux grands formats dont les couleurs sont plus sombres. «Dans ces toiles sous verre, où j’utilise la technique mixte, notamment l’acrylique et l’encre, la femme est omniprésente. La femme m’inspire quand je vois ma mère, ma femme et mes filles. Elle est le symbole de la vie», précise-t-il. Ces tableaux sous verre sont succulents et plaident pour un travail tout en finesse et plein de vigueur. Tous les tableaux de cette exposition sont sans titre. Ce choix du plasticien est voulu : «Cette fois-ci, j’ai donné l’occasion au public de partager avec moi la lecture de ma composition. c’est une expérience», avoue l’artiste.

Romance

Dans un flyer, Mustapha Ghedjati explique le «sans titre» par cet argument : «Lorsque je peins, je mets des couleurs, des mouvements, des formes, et une fois la réalisation finie, hélas, son sens me dépasse et devient pour moi-même incompréhensible. C’est pour cela que j’ai décidé de ne donner aucun titre. Toutes mes œuvres évoquent la romance, la tristesse et l’amour».
Ayant un diplôme de professeur d’éducation artistique à l’institut technologique de l’enseignement à Sétif et celui d’inspecteur de l’Institut des cadres de l’enseignement à Oran, Mustapha Ghedjati a participé à d’innombrables expositions (la première en 1977) dans diverses villes du pays, au musée de Carthage en Tunisie, à Rennes et Lyon en France. Cette exposition si agréable au regard est à visiter expressément. A tous les férus d’art pictural, un détour s’impose.

Kheira Attouche
source : le temps-dz.com

Lieu : Galerie Mohamed Racim,
Adresse : Avenue Pasteur, Alger, Algérie
Période : du 08 au 29 mars 2018
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