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LA PERFORMANCE “ART-RÂGA” par Saâdi-Leray Farid

Renvoyant au terme harraga (migrants franchissant frauduleusement la mer ou les voies maritimes sur des bateaux pneumatiques), l’homophone “art-râga” ne se rapporte pas ici à la langue du Vanuatu, au nom vernaculaire désignant une partie des habitants de cette île, ou encore à l’envie de goûter aux fruits de l’ignorance (désir ou avidya prononcé au sein de l’hindouisme et du bouddhisme) mais à la musique classique indienne. À ce stade, il s’applique à une mélodie élaborée à partir de règles védiques bien définies, harmonisée selon des sonorités liées à la couleur, passion ou attirance, aux sentiments, saisons ou à une durée précise de la journée, comme par exemple le lever ou le coucher du soleil, temps habituellement choisi par les groupes d’harraga algériens pour s’embarquer sur des radeaux de fortune et tenter la traversée de la Méditerranée.

Primordial, le moment adopté ou accommodé participe amplement à la concrétisation d’une performance bien plus périlleuse que celle accomplie par des plasticiens occidentaux généralement entourés d’une équipe médicale. C’est le cas de l’artiste contemporain Abraham Poincheval aux coups de com’ souvent orchestrés par le curateur Jean de Loisy. İls relèvent d’une préparation millimétrée, d’une mise en condition organique, d’un appareillage sophistiqué lui permettant de rester plusieurs jours perché à vingt mètres du sol en haut d’une plateforme (octobre 2016, lors de la manifestation Nuit Blanche) ou de se lover (du 22 février au 1er mars 2017) au milieu d’un rocher divisé en deux parties creusées de façon à épouser sa silhouette et qui, une fois réunies, enclencheront le compte à rebours du Projet pour habiter une pierre. Le protagoniste sortira de la cavité ou trou noir sonné, voire physiquement affaibli, mais l’expérience calendaire ne consumera pas son existence, cela contrairement aux brûleurs de frontières (définition également attribuée au vocable harraga) défiant les tempêtes, l’eau glacée et, à fortiori, les hypothermies. Chacun d’entre eux aura déboursé environ 120.000 dinars pour entamer le périple de la mort. Le face à face avec celle-ci commence dès les premiers ressacs, s’agite lorsque les vagues gonflent au point de noyer le moteur. Lorsqu’il cale au milieu de l’océan, le canot dévie à mille lieues de la destination convoitée, la panique s’empare de passagers invoquant le ciel pour que Dieu vienne à leur secours et les extirpe de la galère, c’est-à-dire d’une noyade assurée…………..

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Document PDF : https://www.founoune.com/document/ART-RAGA.pdf

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En image oeuvre de Jason deCaires Taylor (UK)
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