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Pierre Savorgnan de Brazza, le colon !

Contrairement aux résistants algériens morts au champ d’honneur au début de la colonisation française en Algérie dont les cranes sont toujours séquestrés par la France au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). L’officier de Marine Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur italien, naturalisé français s’est offert un mémorial a plus de 10 millions d’euro au Congo. 

L’homme qui a ouvert la voie à la colonisation française en Afrique centrale est l’un des précieux gage du rôle positif de la colonisation et ses effets dévastateurs à ce jour. L’homme dont “la mémoire est pure de sang humain” a vu ses cendres rejoindre le panthéon de l’immortalité de la colonisation au coeur d’un mausolée financé en grande partie par le gouvernement congolais et par certaines compagnies françaises qui fut officiellement inauguré à Brazzaville en octobre 2005, la même année de la publication de la loi très controversée du 23 février 2005 sur le rôle positif de la colonisation. Le hasard est bien le maître de l’humour.
Dans un dans un contexte de vives polémiques au Congo sur le « révisionnisme » de cette entreprise visant à réhabiliter la mémoire du premier colonisateur en Afrique et sur les « bienfaits » de la colonisation française, des universitaires gabonais et congolais se sont notamment insurgés contre le fait que « des colonisés puissent faire l’apologie du colonisateur » lors d’un colloque à Franceville, organisé par la fondation Savorgnan de Brazza. Selon l’historien gabonais Anges Ratanga Atoz, « De Brazza n’était rien d’autre qu’un agent de l’impérialisme colonial, mais il n’était pas aussi brutal que les autres ».

Pierre Savorgnan de Brazza (1852 – 1905)

En sept 2013, une décision de la justice française ordonne de restituer à la famille de Brazza les cendres de l’aïeul. Elle satisfait la demande adressée par les descendants de l’aventurier, furieux que les autorités congolaises n’aient pas respecté les conditions agréées par les deux parties juste avant le transfert au Congo de la dépouille de l’explorateur qui décédé en 1905 reposait alors aux côtés de sa femme et de leurs quatre enfants an cimetière chrétien des Brus à El Madania, Alger. Le jour de son transfert étaient présent ses descendants et membres de sa famille, l’ambassadeur du Congo à Alger (Jean-Baptiste Dzangue), le consul de France en Algérie, Francis Heude, les ambassadeurs de France (Hubert Colin de Verdière), du Sénégal (Saïdou Nourou Ba), d’Italie (Battista Verderame), et un représentant du ministère algérien des Affaires étrangères (Qui ?). 

L’assignation de délivrance devant le tribunal de grande instance de Paris contre la République du Congo est sans appel : “La bonne foi de mes clients a été abusée. Ils ont été l’otage d’une opération de récupération politique organisée par le régime”, la voix de Me William Bourdon exige que l’Etat du Congo assure “sous astreinte de 50 000 euros par mois de retard, d’assurer le rapatriement à ses frais, vers l’Italie”. 

La colère du gouvernement congolais ira jusqu’ a menacé de débaptiser sa propre capitale, ainsi que tous les lieux publics honorés du patronyme de Pierre Savorgnan de Brazza. 

Pour rappel la cité fut aussi durant la Seconde Guerre mondiale la «capitale» de la France libre de Charles de Gaulle.

Pauvre Afrique !

 

En mai 2011, l’archéologue et historien algérien Ali Farid Belkadi lançait une pétition « pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français », en particulier les crânes de résistants algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, qu’il venait de retrouver dans les réserves du Muséum national d’histoire naturelle, Paris.