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Sedjal Mustapha 2013

STATUT ARTİSTİQUE ET POSTURES İNTELLECTUELLES par SAADI-LERAY Farid

” Dégelé après un demi-siècle d’attentes et d’atermoiements, l’actuel agrément qui attribue depuis le 09 janvier 2014 une couverture sociale à l’ensemble des auteurs n’est que la partie émergée d’un iceberg nommé statut. La locution même de statut est donc à inspecter en profondeur puisqu’elle implique d’autres paramètres que la protection et régularisation administrative des artistes, comme par exemple leur position hiérarchique ou de subordination, leurs critères d’excellence ou de notoriété, leurs conditions matérielles ou encadrement institutionnel et législatif. Nous découvrirons ces diverses dimensions en prenant pour viatique la conférence(1) que Monsieur Mansour Abrous (MMA) a donnée le samedi 18 janvier 2014 à l’İnstitut français d’Alger (İFA)(2), une intervention via laquelle il s’agira également de dévoiler que la énième réplique de son Dictionnaire biographique des artistes algériens repose sur un syllogisme qui, doublé de poncifs et vieilles recettes statistiques, floutent les adjuvants du terme “statut”. Lorsqu’arrive la nuit, tous les chats sont gris, et pour discerner les blancs des noirs ou des tachetés, mieux vaut d’emblée appeler un chat un chat, révéler en “somme(s)”, arguments à l’appui, que “détaché au développement social” à la Ville de Paris (3), MMA n’a correctement pas à se présenter en tant que “chercheur et spécialiste des arts visuels en Algérie” pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas universitaire et encore moins un professeur émérite. Aucun centre en sciences humaines et sociales, aucune thèse ou parution antérieure ne le place à ce niveau, ne valide ou accrédite de telles attributions qui, auto-proclamées selon la méthode Coué, et répétées mécaniquement du côté de quelques “journaleux”, sont de l’ordre de l’imposture. A-t-on déjà entendu un praticien prophétiser être le patron de toute la médecine ? Non : ne pouvant l’investir en totalité, ce thérapeute interviendra toujours dans telle ou telle branche, comme par exemple, et en l’occurrence, la schizophasie ou mythomanie. La mystification abrousienne laisse de plus supposer la main mise sur un champ restreint. Hors, et malgré ses bornages culturels, l’art en Algérie demeure un territoire aux facettes et ramifications pluralistes.

İntégré en 1982-1983 au sein de l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger pour compenser le manque d’enseignants en théorie, MMA n’a toujours pas réussi à surmonter ses carences en esthétique, cela malgré le DEA (?) obtenu dans cette matière et « L’importance que revêtaient à ses yeux les points positifs de l’avancée des arts plastiques en Algérie (…) »(4). En décalage horaire avec leurs curseurs anthropologiques, sociologiques et philosophiques, ce “psychologue des âmes perdues” l’est pareillement avec les analyses politiques de l’heure lorsqu’il se complet à relever « (…) l’implication de l’État algérien et des mouvements citoyens pour créer une effervescence culturelle, (…). » (5). Tout observateur sérieux et attentif fera remarquer que, telle une peau de chagrin, le paysage en question régresse de mois en mois en audaces et “agressivités”, cela au profit d’opérations généralistes dues à l’intervention tout azimut et intempestive d’un “État-Armée-providence” aucunement préoccupé par l’aménagement de dispositions structurelles ou matérielles propices à la montée en singularité des plasticiens. Quant à l’essor de la société civile, il nous faut rappeler ici que les libertés sont aujourd’hui largement compromises en Algérie pour la défense des droits humains, les associations et les médias, que les rassemblements sont surveillés et leurs francs-tireurs sous le coup d’arrestations ou répressions préventives. Neutraliser les dissidents et débats contradictoires semble bien être la marque de fabrique et la permanente obsession de décideurs enclins à piétiner les garde-fous, à prononcer des “délits d’initiés” envers des militants, journalistes, intellectuels ou éditeurs œuvrant hors des habituels réseautages et trainés devant les tribunaux où siègent des magistrats véreux qui continuent à refuser un statut juridique aux syndicats autonomes.” 

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www.founounes.com/document/Statupost.pdf

 

Index

1 -Le dictionnaire biographique des artistes algériens (1896-2013) : objet, conception, usages et devenir.
2 -Puis trois jours plus tard à Oran.
3 -La direction des Affaires culturelles de la Mairie de Paris est composée de quatre sous-directions (celle de l’administration générale, du patrimoine et de l’histoire, de la création artistique, de l’éducation artistique et des pratiques culturelles), structures auxquelles Mansour Abrous ne fait aucunement partie puisque agissant en tant qu’agent local de la Délégation à la politique de la Ville et à l’intégration (DPVİ). Autrement dit, l’ “expert” en question n’est pas chargé des mises en entendement(s) des expositions d’art moderne et contemporain mais mandaté pour assister dans le 19ème arrondissement de Paris, et au sein du quartier difficile de Stalingrad (connu pour ses problèmes de drogue), des populations d’origine étrangère en insertions ou réinsertions sociales. C’est à ce stade qu’il intervient, cela en vertu de son titre de Chargé de mission culture et communication, ce qui le localise comme soutien psychologique de personnes connaissant des difficultés d’adaptations urbaines et certainement pas comme chercheur et spécialiste des antiennes inhérentes aux problématiques du monde de l’art.
4 -Mansour Abrous, in La tribune, 19 janv. 2014
5 -İbid. 

 


Sommaire

STATUT ARTİSTİQUE ET POSTURES İNTELLECTUELLES

a) Divulguer les figures annexes du statut et faire tomber les masques, (page 1)
b) Sortir la “partie immergée de l’iceberg” et des manichéismes réducteurs, (page 2)
c) En finir avec le dé-personnalisme, le généralisme et les mythes protecteurs (page 6)
d) Des paradigmes, concepts, tropismes et entretiens plutôt que l’alignement de chiffres hermétiques, (page 9)
e) La chute fatale du “Nous collectif” mènera tous les auteurs au Personnalisme, (page 12)
f) Les concepts de corps, violence et désaliénation vecteurs de la reconnaissance de l’artiste-créateur et de l’auteur de génie, (page 15)

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