Accueil > à la une > Une vie, un destin, « Les femmes pétales », Souhila Belbahar à la galerie Dar el Kenz

Une vie, un destin, « Les femmes pétales », Souhila Belbahar à la galerie Dar el Kenz

« Une sensibilité particulière aux traditions et à toutes ces belles choses qui caractérisent la vie dans l’ancienne ville de Blida connue pour ses roses, son jasmins, ses fontaines de l’intérieur des maisons. » (El Moudjahid 1989).  Souhila BELBAHAR Née en 1934 à Blida, au sein d’une famille d’artisans-brodeurs, c’est grâce à la bienveillance d’un parent, l’écrivain Tewfiq el-Madani, que Souhila a pu donner libre cours au raffinement de son art. La Galerie Mouloud Feraoun a abrité sa première exposition personnelle, en 1972 à Alger. En 1984, outre le Centre culturel français d’Alger (CCF) qui l’accueille en compagnie de Baya, le Musée national des Beaux-Arts d’Alger lui consacre une exposition individuelle.

Dans ce long parcours de quarante années, comment ne pas rendre hommage à la doyenne des arts visuels et revenir sur un aspect connu de son parcours : “Les bouquets de Souhila” un parcours habité par cet autre aspect qui “marque” l’artiste “les femmes pétales”. Et c’est passionnément que Souhila évoque ses souvenirs :  « J’ai vécu une magnifique histoire d’amour, l’art m’a appris la liberté de penser, d’exister, d’aimer et d’accepter les autres, le combat valait la peine et s’il fallait recommencer, je recommencerai. »

« La peinture a été pour moi une ouverture de grande importance : exister à partir d’un travail personnel…, je me rends compte avec le temps, que c’est un grand privilège que Dieu m’a accordé. J’ai grandi dans une famille traditionnelle où les valeurs morales étaient jalousement conservées, protégées et considérées comme des gardes-fous ; dans un tel contexte, je n’ai à aucun moment imaginé ou rêvé d’embrasser une carrière artistique, ce qui à mon époque aurait été carrément redouté. L’art est entré dans ma vie progressivement ; toute petite déjà, je dessinais, sans m’en rendre compte ; c’était une manie, un besoin presque physique ; je ramassais tous les bouts de papier que je trouvais ; plus tard, mon oncle, brodeur de madjboud, qui possédait un atelier très connu à Blida et sa fille me demandaient souvent de faire des calques et par la même occasion, me demandaient d’en alléger les motifs en arabesque, les caracos coûtant trop chers et les clientes devenant au fil des ans plus rares.

C’était l’époque de mes 16-17 ans, je prenais alors des cours de coupe et couture ; sur mes conseils, ma tante découvrit le style Chanel ; ce fut le début d’un nouveau look pour le caraco et un vrai succès dans mon entourage et pour l’atelier de mon oncle ; j’y avais également introduit des motifs géométriques, que je réalisai pour mon oncle ; c’est au cours de cette période que j’appris à reconnaître les différents papiers, le canson, le bristol, les différentes qualités de papier à décalquer.

Il m’arrivait parfois de dessiner moi-même le modèle que je coloriais avec des crayons de couleur pour préciser à mon oncle certains détails ; plus tard mon père me conseilla l’utilisation de l’aquarelle ; sur un modèle, je rectifiais un décolleté, une longueur de jupe ; la peinture pénétra ainsi dans ma vie doucement, si bien qu’en troisième année de couture, je maniais déjà la couleur au point que très souvent mes modèles étaient exposés dans la salle de cours.

Cette enfant d’adoption qu’est la peinture m’a fait tour à tour rire, pleurer, rêver, rencontrer des amitiés d’une grande richesse ; le plus extraordinaire est que ces angoisses, ces joies, ces appréhensions sont partagées par toute la famille. De son vivant, mon mari, autrefois effrayé par tout cela, fut celui qui s’engagea le plus dans le combat, veillant aux montages des expositions, aux rudes tâches d’encadrement et de transport des œuvres… ! J’ai vécu une magnifique histoire d’amour, l’art m’a appris la liberté de penser, d’exister, d’aimer et d’accepter les autres, le combat valait la peine et s’il fallait recommencer, je recommencerai. »

 

 


Exposition
: Une vie, un destin, « Les femmes pétales ». Notes éparses de L’artiste plasticienne: Souhila Belbahar
Periode : Exposition du 22 Octobre au 22 Novembre 2022
Lieu : Galerie Dar El Kenz
Lot.Bouchaoui 2, n° 68, Cheraga
(Face à la forêt Bouchaoui)
 
Contacts : +213 6 61 52 53 19 – +213 5 52 37 88 72
Tél/ Fax : +213 23 22 89 56

Email : darelkenzgallery@gmail.co