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“PRÉSENCE INVISIBLE”, Messaoud Nait Saada expose à Azazga (Tizi Ouzou)

L’oeuvre de Messaoud Nait Saada, visible à la boutique Tamazit Art et Déco jusqu’au 28 septembre 2023, renvoie à la nature de l’art et de la création. Elle pose la question de la relation entre l’artiste et son œuvre, et de la possibilité pour l’œuvre d’exprimer la personnalité de l’artiste. Nacer’Eddine Haderbache décrit dans le texte accompagnant l’exposition les œuvres de Nait Saada comme des portraits d’hommes aux visages expressifs, des visages souvent représentés dans des situations insolites ou dans des environnements étranges. Il suggère que les œuvres de Nait Saada sont une exploration des émotions humaines et des expériences intérieures, il affirme que les visages des personnages ne sont pas des portraits réalistes, mais des expressions symboliques des états d’âme des personnages. Il affirme au fil de son interprétation que l’œuvre d’art est une projection de l’artiste, mais qu’elle n’est pas nécessairement une représentation fidèle de sa personnalité ainsi l’œuvre d’art peut être une exploration de l’artiste lui-même, mais qu’elle peut aussi être une exploration du monde qui l’entoure, pour autant chaque spectateur peut décider ce que les œuvres de Nait Saada signifient pour lui. L’œuvre d’art est une expérience subjective, et chacun peut y trouver sa propre interprétation.

 


 

Exposition d’Art Plastique de l’artiste plasticien NAIT SAADA Messaoud à Tamazit Art et Déco
Période : du 10 au 28 septembre 2023

Lieu  : La boutique Tamazit Art et Déco
Adresse : Cité LSP 149 Logts, bloc 8, local N° 243,
Ville : Azazga, Tizi Ouzou (Algérie)

Contact :
Tél : + 213 555 72 81 08
Email : tamazit.artetdeco@gmail.com

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Le peintre est-il ce qu’il peint, l’homme d’écriture ce qu’il écrit ? par Nacer’Eddine Haderbache

« Ceux qui ont du plaisir à observer considèrent que ce qui fait signe, c’est toujours la différence. » Boris Cyrulnik

L’écriture des textes que vous allez lire partent tous de cette première question qui m’a semblée tourner aussi, pour ne pas dire essentiellement, autour des images et des mots, à chaque fois, au service d’une esthétique personnelle, d’une pensée, d’une pratique et d’expériences particulières qui, poétiquement, s’efforcent de transcender tous les savoirs et savoirs peindre ou écrire.

A cela, vient s’ajouter l’incontournable liberté de peindre ou d’écrire, souvent aux marges d’une quotidienneté plus terre à terre. Que dire alors, lorsqu’il arrive que les mots soient appelés à prendre le relais de l’image, non pas pour l’interpréter, mais plutôt pour rendre compte des émotions et des questionnements suscités par elle. Les deux formes de représentations renvoyant à deux sortes de libre expressivité, voire de visions personnelles. Un exercice aussi enivrant qu’ardu, auquel je n’ai pas pu m’empêcher de mener, conscient de ne pas avoir cerné toutes les facettes d’une thématique particulière renvoyant à des « Présences invisibles » et qu’on aurait pu titrer : « à visages découverts ».

Côté peinture, Il s’agit présentement d’une exposition autour d’un thème, diversement abordé, et d’un style, représentant des affects, sous formes de visages, dont chacun semble vivre de sa propre vie, au hasard ou au fur et à mesure d’une progression plus en lien avec des désordres intérieurs, même si, confronté à des contextes et des situations parfois bien insolites, le regard de chacun passe d’une fixation à l’autre, au sein d’une même toile ou d’une toile à l’autre.

C’est dans cette optique et tout en recourant à la même technique que mon ami Messaoud Nait Saada, dans sa série intitulée « Présence de l’invisible » n’a pas hésité à faire varier graphismes d’accompagnement et couleurs. Veillant à ce que chaque toile ou autre support utilisé, puisse se singulariser par un certain dosage de similitudes posturales et de dissemblances expressives.

Pour lui , et je le paraphrase, il s’agit de porter un autre regard sur les sujets qu’il aborde, dans l’idée que ses efforts puissent faire évoluer son « art » – sa façon d’appréhender, de voir et de percevoir – pour passer à une autre étape, … en introduisant le motif directement sur le visage, pour renforcer le caractère et l’expressivité du portrait et pour donner à ses peintures une impression graphique, dans un style de peinture, plus ou moins influencé par l’expressionnisme et le surréalisme.

Visant aussi à atteindre une harmonie d’ensemble, sur le plan expressif et une unité quasi interactive entre des œuvres relevant de la même thématique, chacune traitant d’un sujet particulier, mais toujours autour du même motif central, représentant des visages « au masculin », plutôt au pluriel, que l’on retrouve généralement dans une série qui ne dépasse pas une douzaine de toiles ou de supports papier.

Chaque visage exprimant un vécu, une intimité et un tempérament, une identité personnelle, tout en rendant compte de situations et en témoignant plus de certaines trajectoires existentielles plus que d’autres. Ce visage pouvant relever d’un imaginaire propre au peintre, à l’origine de figures de personnes, qu’il n’a pas forcément rencontrées dans sa vie de tous les jours, ou qu’il reconnait ne jamais avoir vues. Cela dans une « quête de visages, de personnages, …qui ont vécus », qui ont portés ou représentés quelque chose d’une humanité en expectative devant toute divine création.

C’est du moins ainsi que j’ai saisi le sens qu’il donnait à cette série de douze œuvres représentée par trois grandes toiles et neuf sur supports papier, qu’il a décidé d’exposer, en prenant l’initiative de nous voir collaborer, autour des œuvres qu’il a décidé d’exposer, au niveau de la juvénile Boutique Tamazit Art et Déco, dans la même ville et sous le regard fraternel et attentionné de notre ami commun Meziane Boussaïd, de sa précieuse épouse, de sa sœur et de sa nièce, gardiennes du « temple », à l’exceptionnelle intelligence des formes et des couleurs. Une équipe soudée à laquelle je souhaite bons vents.

 


 

 

Mon travail de peinture par Nait Saada Messaoud

« Mon travail de peinture est une écriture plastique interprétée des situations que l’homme vit de passage dans le monde réel. Parfois, il est exprimé par le motif que nos grands-mères utilisaient et échangeaient de manière codifiée, comme des messages entre fille et mère. Une certaine décoration sur le visage comme sur le corps, qui m’a influencée et trace une piste aux idées de projeter le motif sur le visage pour qu’il dégage un caractère reflétant les valeurs et les références par lesquelles une société et une culture sont fondées, et qui ne cesse d’exister dans la pensée et dans l’esprit des gens, malgré les courants et les facteurs menaçants de la disparition. Il est essentiel de faire preuve de respect pour toutes les cultures du monde, ainsi que pour les peuples de la terre, afin d’arriver à une culture cohérente, avec ses propres déférences et caractères différents, afin de favoriser son évolution.

En utilisant des expressions figuratives et symboliques, je voudrais représenter le vécu et l’existence d’un peuple dans mon travail. J’ai commencé à peindre des visages en monochrome, qui singularisent une culture et reflètent une époque lointaine, puis j’ai ajouté de la couleur pour donner une certaine profondeur et valeur à mes personnages, puis des motifs qui entourent les visages comme des limites et repères. Porter un autre regard sur mes sujets, multiplier les efforts et passer à une autre étape et évolution du travail J’ai introduit le motif directement sur le visage pour renforcer le caractère et l’expression du portrait et pour donner à mes peintures une impression graphique. Un style de peinture qui présente des influences de l’expressionnisme et du surréalisme.

Le visage reste la seule vitrine de son vécu et l’écran de sa projection intérieure, car l’homme est omniprésent par ses actes ou bien par tous les témoignages de son existence. Le portrait est l’identité personnelle de chaque personne, on reconnaît les personnes à travers leurs visages, et on essaie de donner un visage imaginaire aux personnes que nous ne connaîtrons pas ou jamais vues. Par conséquent, l’homme est en quête de visage, de personnages qui ont vécu et porté quelque chose à l’humanité, et le visage du dieu reste la plus grande quête imaginaire de l’homme. ».